Article | Portrait d'artiste en studio
Avec Mère Dragon, un shooting ne commence jamais vraiment par « faisons quelques portraits ». Il suffit d’ajouter de la fumée, du cuir, des chaînes et une lumière bien placée pour que le studio prenne rapidement des airs de scène — et voir jusqu’où l’on peut pousser l’idée sans déclarer le studio zone sinistrée.
Comme d’habitude, Mère Dragon arrive avec ses personnages, ses accessoires et quelques idées déjà bien affûtées. Sur le papier, tout est parfaitement sous contrôle. Pendant environ cinq minutes.
Il y a toujours un plan. Il survit rarement aux premiers flash...
Après, on improvise : un accessoire en appelle un autre, une silhouette change toute la lumière, la fumée décide de s’en mêler… et l’on finit par oublier le plan initial. En général, c’est à ce moment-là que les meilleures images commencent.
Pour ouvrir la séance, on a fait dans la retenue : une cape, des chaînes, des lumières rouges et assez de fumée pour que le fond décide de disparaître.
Dans un shooting photo artistique en studio , l’idée n’est pas forcément de reproduire une image déjà vue. On part d’un personnage, d’une silhouette, d’un accessoire ou d’une lumière — puis on regarde ce qui se passe quand tout cela commence à prendre un peu trop de place.
L’idée n’était pas de faire joli dans un coin. On voulait une entrée en scène, un personnage qui surgit, quelque chose entre le clip, le cabaret et la bande-annonce d’un spectacle qu’on irait voir sans même lire le synopsis.
Après avoir rempli le studio de fumée, de cuir et de lumière orange, il nous restait une robe argentée, une coiffure qui refusait manifestement toute négociation avec la gravité, et un mur blanc. C’était largement suffisant pour repartir dans une direction complètement différente.
Les images sont devenues plus claires, plus graphiques, presque plus silencieuses. Mais avec Mère Dragon, même adossée à un mur, il y a toujours cette impression qu’elle est sur le point de faire basculer la pièce dans un autre univers.
J’avais envie de reprendre un terrain que nous avions déjà exploré ensemble il y a quelques années : du nu, de l’eau et des lumières colorées.
Le cyan découpe, l’orange embrase, l’eau accroche chaque reflet. Visuellement, tout était exactement là où je le voulais. Thermiquement, en revanche, j’avais oublié un détail assez fondamental : l’eau froide reste de l’eau froide, même sous une belle lumière.
Note à moi-même : la prochaine fois, chauffer l’eau avant d’asperger le modèle.
On avait déjà sorti la tenue du dimanche : cuir, chaînes, lumière rouge et fumée épaisse. Il ne manquait plus qu’un général pour vérifier que tout cela restait convenablement sous contrôle.
Quand Mère Dragon dit “assis”, même le studio obéit !
Général Jäger a donc pris place, casquette sur la tête et regard d’inspecteur particulièrement peu impressionné par notre organisation.
Si vous aussi, vous avez une idée bien précise, quelques accessoires improbables, ou simplement l’envie de voir jusqu’où une séance peut vous emmener : Parlons-en !
Nous contacterSi vous aussi, vous avez une idée bien précise, quelques accessoires improbables, ou simplement l’envie de voir jusqu’où une séance peut vous emmener : Parlons-en !
Nous contacterMère Dragon est une artiste performeuse parisienne dont l’univers mêle arts du feu, pyrotechnie, pole dance, personnages de scène et esthétique alternative.
Elle conçoit elle-même une grande partie de ses looks, de ses mises en scène et de ses performances. Ce shooting studio n’était donc pas vraiment un grand écart avec son univers habituel : il manquait simplement le feu. Ce qui, pour une fois, était probablement plus raisonnable.
Pour découvrir son univers autrement qu’en photo, je vous conseille le documentaire Mère Dragon, Le Chant des Flammes, qui suit son travail de performeuse entre feu, corps et création.
Article | Portrait d'artiste en studio
L’idée était de réaliser quelques portraits récents pour ses salons et séances de dédicaces. Nous avons commencé sagement. Puis, comme il restait un peu de temps, les choses ont légèrement dévié.
Il y a des séances qui commencent avec une demande très raisonnable : réaliser des portraits récents, sobres et facilement utilisables pour des salons, des festivals, des annonces de dédicaces ou différents supports de communication.
Et puis il y a les séances avec les amis...
Tony Sandoval souhaitait avant tout disposer de nouvelles images professionnelles pour illustrer ses apparitions publiques : séances de dédicaces, festivals, salons, annonces en ligne et supports de communication.
Nous avons donc commencé par les portraits indispensables : fond blanc, lumière claire, cadrages propres, regard caméra. Le principe était très simple : assurer d’abord les images utiles. Celles qui peuvent être intégrées à une affiche, une page éditeur, une bio, un programme de salon ou une publication sur les réseaux sociaux sans demander d’explication supplémentaire.
... ou presque !
C’est aussi l’intérêt d’une séance photo en studio : commencer par les images dont on a réellement besoin, avant de laisser davantage de place à une approche plus personnelle.
Autrement dit : la partie sérieuse de la séance.
Un portrait destiné à la communication doit rester simple : un visage identifiable, une expression juste, une image qui fonctionne aussi bien sur un site internet que dans un programme imprimé ou une annonce de dédicace.
À ce stade, les portraits raisonnables étaient faits. Nous pouvions donc commencer les choses sérieuses.
Une fois les portraits les plus attendus réalisés, nous avons changé d’atmosphère. Le fond blanc a laissé place au noir, la lumière est devenue plus sculptée, et la séance a commencé à prendre une direction un peu moins raisonnable.
Avec Tony, cela n’a pas demandé beaucoup d’effort. Il y avait déjà le carnet, le regard, les cheveux, une présence très forte face à l’objectif… bref, tout ce qu’il fallait pour que les portraits quittent progressivement la simple
photo de présentation.
Le carnet de croquis s’est imposé assez naturellement. Il raconte immédiatement le geste de l’auteur, le dessin, le travail de la main. On ne photographie plus seulement une personne venue actualiser ses images pour les salons : on commence à deviner l’univers de l’artiste.
Après le carnet de croquis, cela semblait logique (non, vous ne trouvez pas ? Étrange ...)
Bref, nous avons donc arrêté de faire semblant de réaliser une séance portrait parfaitement raisonnable.
PS : Aucun auteur de bande dessinée n’a été contraint de poser avec une arme médiévale ! Si quelqu’un vous affirme le contraire, ne le croyez pas.
Et l’épée s’est révélée étonnamment photogénique (pas autant que Tony, mais quand même !)
Dans mon studio, Jäger finit presque toujours par faire une apparition.
Il ne pose pas vraiment : il supervise (il fallait bien quelqu’un pour remettre un peu d’ordre dans cette séance...)
Tony a donc terminé le shooting avec Jäger sur les genoux. À partir de là, cette photo est officiellement devenue un portrait de chien avec un auteur de bande dessinée en accessoire.
Si vous aussi, vous avez envie de portraits professionnels, personnels, et parfois un peu moins prévus que prévu, parlons-en !
Et si vous aussi, vous avez envie de portraits professionnels, personnels, et parfois un peu moins prévus que prévu, parlons-en !
Tony Sandoval est un auteur, dessinateur et illustrateur de bande dessinée mexicain, installé à Paris. Son travail navigue entre le rêve, le fantastique, les monstres, les souvenirs, les créatures étranges et les choses qui commencent normalement avant de devenir beaucoup moins normales.
Il est notamment l’auteur de "Doomboy", "Nocturno", "Futura Nostalgia", "Oscuro en Rosa" ou encore "Le Paris des dragons".
Pour découvrir son travail, ses albums et son univers, vous pouvez retrouver Tony sur sa page auteur chez Glénat ou sur son portfolio.